Les handicapés de l’Artibonite exigent un meilleur traitement



Les handicapés de l’Artibonite continuent de dénoncer l’abandon de l’Etat haïtien et le comportement discriminatoire de certains membres de la société. Cette catégorie sociale souhaite qu’elle soit traitée avec dignité et respect.


Les personnes à mobilité réduite, les sourds-muets et les non-voyants, pour la énième fois, ont sorti de leur silence pour exiger le respect de leurs droits. Ils disent estimer qu’en dépit de leur lutte perpétuelle, l’intégration reste un calvaire. « Beaucoup de bâtiments publics ne sont pas adaptés. La priorité n’est pas toujours accordée aux handicapés », a condamné Banel Jean-Baptiste, traducteur pour les muets dans l’Artibonite.

Junia Pierre-Charles, responsable d’une organisation, s’est dit affligée par le traitement octroyé aux handicapés dans la société. Elle dit en avoir assez des actes de discrimination et de violence dont sont victimes ses pairs. « Des gens nous considèrent comme des malfaiteurs parce que nous avons un handicap. Ils nous décapitent et nous brûlent à leur gré », a-t-elle tempêté. Les handicapés, a souligné Mme Pierre-Charles, sont des êtres humains à part entière

Selon Noël Cénatus, un militant aveugle, la loi portant sur l’intégration des personnes handicapées est l’unique outil pouvant réduire la vulnérabilité de ses collègues. Malheureusement, a-t-il a regretté, cette loi n’est jamais appliquée.

La présidente de l’association Vision pour les sourds-muets en Haïti (Vismha), Guerlie Jacques, appelle l’Etat à assumer ses responsabilités. Les handicapés, a-t-elle rappelé, sont également protégés par la Déclaration universelle des droits de l’homme. « Justice pour les handicapés qui sont maltraités, discriminés et qui n’ont pas accès à l’éducation », a soutenu cette militante qui est une muette.


Guerlie Jacques en a profité pour réclamer la finalisation de l’enquête ouverte sur l’assassinat des trois sourdes-muettes qui ont été assassinées à Cabaret le 18 mars 2016. Après la marche du 3 mai 2016, en partenariat avec la coordination départementale du Bureau du secrétaire d’Etat à l’Intégration des personnes handicapées (Bseiph), elle a annoncé un ensemble de mouvements y relatifs.