Gonaïves: libérer les trottoirs, le défi des autorités communales


Vue de la Rue Fabre Geffrard
En septembre 2015, l’agent exécutif intérimaire des Gonaïves, Jean-Robert Louidor, avait lancé une campagne d’assainissement visant notamment à libérer les trottoirs et certaines zones stratégiques de la ville. Dix mois plus tard, ce projet d’envergure qui a eu le soutien de la police, de la délégation départementale et de la justice reste à l’état embryonnaire. 


De Bigot (entrée sud) au centre-ville, des deux côtés de la rue, des marchands de vêtements et de matériels électroménagers usagés exposent leurs articles. Les garagistes, les marchands de vaisselles et de produits cosmétiques s’y installent également. La chaussé – partie réservée aux véhicules-  devient l’unique option des piétons. Avec la prolifération des motocyclettes, cette situation met en jeu la sécurité de la population. Plusieurs personnes sont déjà victimes.

Les périphéries des sites historiques ne sont pas non plus épargnées. Aux abords de la place d’armes, des marchands de toute sorte sont remarqués. Le même constat pour le Mémorial de l’indépendance. N’en parlons pas de la Cathédrale du souvenir dont la clôture (en fers forgés) sert d’étagère aux détaillants.

Le laxisme des autorités communales est critiqué par certains observateurs. Selon eux, la politique de l’autruche ne doit pas être appliquée dans la cité de l’indépendance.  « Aux Gonaïves, il y a un problème de droit. Les autorités refusent de prendre leur responsabilité. Dans une situation pareille, la société civile doit s’impliquer beaucoup plus pour provoquer le changement réel », a déclaré Michelet Dorgilles, avocat au barreau de la juridiction.

Nous avions été voir M. Louidor pour savoir qu’est-ce qui empêche l’exécution du projet. Comme d’habitude, il dit n’être pas prêt à intervenir dans la presse.

En 2011, sous l’administration de Jean Osner Amisial, une campagne similaire a été lancée. Elle n’a pas été aboutie. Face à la résistance des marchands, les autorités avaient décidé de faire marche arrière.  


JC