Enock Génélus accuse Jerry Bien-Aimé


M. Enock Genelus
L’ancien chef du parquet près le tribunal civil des Gonaïves, Me Enock Géné Génélus, a dénoncé mercredi l’ancien membre du front anti-Aristide, Jerry Bien-Aimé, qui aurait proféré des menaces de mort contre lui. M. Génélus dit être la cible de l’accusé pour avoir plaidé sa condamnation dans le dossier d’assassinat du journaliste Alix Joseph.

En date du 9 août 2016, sur son téléphone portable, Enock Génélus affirme avoir reçu neuf messages de deux numéros différents. Il indique identifier Jerry comme l’auteur de ces textes grâce à leur contenu : « Ou te kondane m pou m pase tout vi m nan prizon, ebyen m deyò », « N ap rive sou ou… », stipulent deux des messages. « Effectivement, en tant que ministère public, j’avais plaidé à la condamnation de Jerry Bien-Aimé », s’est rappelé M. Génélus.


Critiquant la passivité de la police des Gonaïves, l’ancien parquetier invite les autorités judiciaires à faire le nécessaire pour empêcher l’accusé d’exécuter son plan. « Au vu et au su de la police, Jerry circule avec une paire d’armes », s’est indigné l’homme de loi, qui déclare remettre sa vie et celle de sa famille entre les mains de son présumé agresseur.

Contacté par des confrères, Jerry Bien-Aimé a rejeté d’un revers de main les accusations de M. Génélus. Il dit attendre l’autorisation de son avocat avant de faire des déclarations publiques.


Jerry Bien-Aimé a été condamné par la justice à vingt ans de prison après avoir été reconnu coupable dans l’assassinat du journaliste Alix Joseph. A la faveur du séisme du 12 janvier 2010, il s’était échappé de sa cellule. Alors que Jerry était en cavale, à la veille des élections de 2015, il a été gracié par le président d’alors, M. Michel Joseph Martelly. Une décision que M. Génelus dénonce aujourd’hui. Selon lui, les prescrits de la loi régissant la matière, celle du 24 septembre 1960, n’ont pas été respectés.