Sept détenus évadés de la prison civile des Gonaïves


Fenêtre de la cellule des évadés 
Dans la nuit du 19 au 20 décembre 2016, sept prisonniers se sont évadés de la prison civile des Gonaïves après avoir scié l’une des fenêtres en fer forgé de leur cellule. Tôt dans la matinée, vers les 4h a.m., les forces de l’ordre ont appréhendé l’un d’entre eux au quartier populaire de Jubilé. Les six autres individus sont toujours en cavale.


 Les évadés étaient dans une cellule située au nord de la prison, à l’étage. Ils ont réussi leur coup grâce à de deux scies à métaux. Ensuite, au moyen de draps transformés en cordes, ils sont descendus d’un mur de six à sept mètres de haut. Me Maryse Jonas, commissaire du gouvernement près le parquet du tribunal civil, a assimilé cette évasion à une légèreté. Le magistrat a évoqué le problème de sécurité de cet espace [non approprié] et le manque de formation des gardes. « Les évadés préparaient leur coup depuis tantôt une semaine. Les mesures qui devraient être prises ne seraient que des palliatifs. La prison ne répond pas aux normes », s’en plaint le parquetier.

 Pour des raisons de sécurité, le commissaire dit ne pas vouloir dévoiler les noms des évadés. Le motif de leur arrestation ou condamnation n’a pas non plus été révélé. Me Jonas a annoncé une enquête devant aboutir à l’arrestation des autres individus. En outre, ce responsable s’est engagé à redoubler d’efforts afin de renforcer la sécurité de cette prison de fortune. « Des dispositions importantes vont être prises. La vraie mesure reste la construction d’une prison dans la juridiction », a fait savoir le chef du parquet.

Contactés à plusieurs reprises, les responsables du commissariat Toussaint Louverture des Gonaïves n’ont pas voulu réagir. Ils déclarent attendre l’autorisation de leur supérieur hiérarchique. L’évasion survenue en cette période de fin d’année relance le problème de surpopulation qui mine le système carcéral. Elle soulève également de vives inquiétudes dans la population. Les cambistes, les commerçants et les chauffeurs de taxis-motos - qui sont souvent victimes de vol à main armée - n’ont pas caché leurs préoccupations. Ils appellent la police à prendre ses responsabilités.

La prison civile des Gonaïves a été détruite en février 2004 lors du soulèvement anti-Aristide. Depuis lors, elle est abritée, sur la place d’armes, dans un espace transformé à cet effet. Actuellement, 279 prisonniers croupissent dans cette maison pénitentiaire qui devrait contenir 200 détenus. À rappeler, environ deux mois de cela, qu'une tentative d’évasion a échoué au niveau du centre carcéral.

JC/ Le Nouvelliste

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