Recrudescence de l’insécurité dans l’Artibonite


Des armes saisies à Saint-Marc 

Le département de l’Artibonite est actuellement en proie à la recrudescence des actes d’insécurité. Des bandits et des repris de justice terrorisent la population. A leur gré, ils assassinent, enlèvent, volent et rançonnent. Les autorités peinent à trouver une formule efficace pour les traquer. L’inquiétude est grandissante.

Dans les grandes agglomérations, les fauteurs de troubles se réveillent timidement. Ils sèment la pagalle dans les communautés. Dimanche soir, à Bigot (sud des Gonaïves), des individus non identifiés ont assassiné par balle la commerçante Viergenie Saint-Hilaire dans sa résidence. Une semaine avant, dans cette même localité, un jeune homme a été attaqué par des hommes armés de machettes. Ce vendredi, le chef a.i du parquet près le tribunal civil des Gonaïves, Me Vanel Amisial, dit avoir appréhendé l’un des présumés assassins de la commerçante. L’individu n’a pas été présenté. Son identité non plus n’a pas été dévoilée. Une décision qui porte à équivoque. 

A Saint-Marc, les choses ont dégénéré. Les citoyens ont marché dans les rues pour attirer l’attention des autorités. Les actes de banditisme ont provoqué le remplacement du commissaire de police Sydney Jean Joas par l’officier Clivens Cétoute. Ces dernières semaines, selon le chef du parquet de la juridiction, Me Jean-Claude Elencier, trois kidnappings, une tentative d’enlèvement et plusieurs cas de vol ont été enregistrés. « A mon humble avis, les délinquants seraient produits par un laboratoire. Je ne sais pas s’il y a des raisons politiques également. Parce que sur le champ, on a changé le commissaire de police », a souligné Me Elencier. 

Dans les communes de Saint-Michel de l’Attalaye et de Gros-Morne, les citoyens s’en plaignent également. Ils appellent les autorités policières et judiciaires à prendre leurs responsabilités. Plusieurs avocats du barreau des Gonaïves assimilent la recrudescence de l’insécurité à la faiblesse de l’appareil judiciaire. « S’il y avait un chef de gouvernement responsable dans la juridiction, les bandits n’opèreraient pas comme bon leur semble », a indiqué l’un d’entre eux. 

Mercredi dernier, une rencontre d’urgence avec la direction départementale de la police a été convoquée par le délégué départemental, M. Herby Dalencourt. En marge des discussions, M. Dalencourt s’est dit conscient de la conjoncture. Il a promis d’entreprendre des démarches auprès de l’Etat central en vue de renforcer les capacités de la police régionale. « Notre plus grand souci est de rétablir la paix et la stabilité dans le département », a-t-il fait savoir.