Des constructeurs sensibilisés au problème d’accessibilité des bâtiments

Image: Google 

Sous l’égide de la Coordination départementale de l’Artibonite du bureau du secrétaire d’Etat à l’intégration des personnes handicapées (CDA-BSEIPH), une vingtaine d’ingénieurs et d’architectes de la région ont participé à un séminaire sur l’accessibilité universelle. A l’issue de cette formation réalisée aux Gonaïves, les techniciens se sont engagés à embrasser la cause des personnes vivant avec un handicap.

La formation s’inscrit dans le cadre d’une campagne de sensibilisation au respect des droits des handicapés dans l’Artibonite, a expliqué M. Jean Oscar Joseph, responsable de la CDA-BSEIPH. Les participants proviennent de diverses institutions publiques et privées. Des membres d’organisations de handicapés ont été également invités en vue d’exprimer leur anxiété et exposer les problèmes auxquels ils font face dans leur vie quotidienne. « L’accessibilité rend notre vie encore plus difficile, se sont-ils indignés. Les routes ne sont pas adaptées et il n’y a pas de rampe à l’entrée des bureaux. »

L’ingénieur Wendy Saint-Louis, cadre de la Cour supérieure des comptes, a déploré la situation des personnes à mobilité réduite. Il déclare être conscient de l’inaccessibilité de certains édifices importants. Etant donné l'ampleur du problème, le technicien appelle les autorités concernées à agir afin de permettre aux handicapés de jouir de tous les droits inhérents chacun. « Le handicap ne doit pas être un obstacle. Nous sommes tous vulnérables », a rappelé M. Saint-Louis.

Dans son article 26, la loi portant sur l’intégration des personnes handicapées exige que toutes les installations ouvertes au public soient accessibles aux handicapés. Cinq ans après sa publication, aucune réhabilitation n’a été faite dans les anciennes constructions publiques. Aux Gonaïves, il y a lieu de citer la mairie, le commissariat et les tribunaux. Ces édifices ne disposent d’aucune facilité. Selon le dernier recensement de l’Institut haïtien de statistique et d’informatique (Ihsi), l’Artibonite compte 19 776 Artibonitiens handicapés dont, 10 438 de sexe féminin. Ils sont tous victime de cette négligence.

L’ingénierie municipale des Gonaïves a informé que des efforts seraient faits en vue de satisfaire les revendications des handicapés. Elle a annoncé un projet de réhabilitation de l’entrée de certains bâtiments. Selon l’un des responsables du service, l’ingénieur Frantz Bernier, les techniciens de la mairie seront également mis à la disposition du secteur privé. « Des aménagements seront réalisés au niveau des trottoirs et des intersections pour faciliter l’accès aux handicapés », a-t-il fait savoir.

En partenariat avec la Mission chrétienne pour les aveugles (Cbm), la CDA-BSEIPH a lancé une session d’audit des bâtiments publics de la région. D’après Jean Oscar Joseph, ce travail permettra au BSEIPH de répertorier les édifices qui ne respectent pas les normes d’accessibilité universelle et d'acheminer des recommandations aux autorités compétentes.


JC/Le Nouvelliste