Un Haïtien brûle son visa américain pour exprimer son ras-le-bol

Image: Le Nouvelliste 

A la surprise de tout le monde, samedi 13 janvier 2018, le professeur Bélande Berlins Kersaint, a arraché de son passeport la page contenant le visa américain valide jusqu’à octobre 2018 et l’a ensuite brûlé au pied du monument du Père de la patrie, l’Empereur Jean-Jacques Dessalines. À travers cette réaction « inédite » et « symbolique », le protestataire veut dénoncer les récentes déclarations « disgracieuses » du président américain, Donald Trump, vis-à-vis de la République d’Haïti et de certains pays africains.

Le professeur qui est connu comme un personnage paisible a créé la sensation aux Gonaïves et sur la Toile. Ses images avec la page de passeport en feu a fait le tour des réseaux sociaux. M. Kersaint rassure que son choix est réfléchi et non émotionnel. Quelles que soient les conséquences, il dit ne pas regretter sa sortie houleuse. De son avis, tout ce qui importe c’est de prouver aux « détracteurs », qu’en dépit de tout, il existe encore des Haïtiens qui sont prêts à se sacrifier pour sauvegarder la fierté du pays. « Haïti n’est pas un pays de merde comme le prétend Donald Trump, s’est indigné M. Kersaint. Ma réaction est ma façon d’exprimer mon ras-le-bol, un signe de respect aux héros de l’indépendance ».

  1. M. Kersaint. Photo: Frantz Renel Lebrun 
Le protestataire appelle les autorités étatiques à se positionner ouvertement par rapport aux propos « racistes » du chef de l’Etat américain. Bélande Berlins Kersaint croit qu’il est nécessaire de saisir cette opportunité pour refaire le visage du pays qui est à genou depuis un certains temps. « Si rien n’est fait, les responsables corroboreront les dits de M. Trump. Il est indispensable de prendre conscience de notre état », a-t-il soutenu. Il faut agir pour montrer au reste du monde que nous sommes une nation libre et fière, a renchéri le révolté.

Sur les réseaux sociaux, l’acte du professeur est salué par de nombreuses personnes. Des Haïtiens d’Haïti et d’outremer. Ces compatriotes voient en M. Kersaint un homme « courageux ». Ils qualifient son geste d’historique. Certains l'ont même comparé au célèbre député des Gonaïves à la 28e législature, Me Raymond Cabêche qui s’opposait à l’occupation américaine. « Notre frère a posé un acte symbolique. Nous sommes sûr et certain que cela va contribuer à l’éveil de la conscience nationale », a opiné Stanley Charles Jérôme, un jeune activiste gonaïvien.

M. Kersaint est parallèlement critiqué, voire ridiculisé par des internautes. Ces derniers condamnent la réplique du concerné qui, selon eux, est un « affront » sur le plan diplomatique. De telles attitudes, ont-ils estimé, ne font pas l’honneur de la nation. Ils appellent le professeur à se ressaisir. « Les Etats-Unis n’appartiennent pas à Donald Trump. De plus, sa déclaration n’est pas officielle », a commenté un utilisateur de Facebook. Pour d’autres, le fait d’abîmer le passeport qui est la propriété de l’Etat haïtien est un « outrage » à la justice. Ils souhaitent que des mesures soient prises pour éviter de pareils cas.

JC/Le Nouvelliste